Les 2 Règles Fondamentales du Marché

1. L’environnement est chaotique

Contrairement à une idée reçue, il est beaucoup plus difficile (pour ne pas dire impossible) de faire des prévisions de marché à long terme plutôt qu’à très court terme.
Ces 30 à 40 dernières années, les mathématiciens et les physiciens ont découvert et travaillé sur un phénomène mathématique complexe que l’on nomme chaos déterministe. Le chaos est un terme mathématique désignant le caractère très complexe du comportement d’un système dynamique. Déterministe signifie qu’il existe quelque chose de non aléatoire.
Le chaos déterministe règne également dans le domaine qui nous intéresse :
les marchés financiers sont soumis à de fortes boucles de feedback (mécanismes qui s’auto-renforcent) générant l’instabilité. il n’y a donc pas d’équilibre simple mais au contraire des mouvements complexes, difficiles à appréhender mathématiquement. Ainsi, les modèles économiques et financiers linéaires, fondés sur des fonctions d’équilibre, sont très imparfaits et ne rendent pas compte de la réalité des choses. Il faut ajouter que des expériences récentes ont montré que des modèles macro-économiques basés sur des mathématiques non-linéaires, structurés et déterministes peuvent tout de même se révéler totalement imprévisibles. Si l’incertitude est l’élément fondamental, cela ne veut pas dire qu’il est impossible de faire des prévisions correctes sur les marchés.

Toute personne ayant étudié un graphique boursier de près pourra intuitivement mettre en évidence des mécanismes de marché non aléatoires. La seule présence de tendances et de krachs récurrents tendent par exemple à le prouver. Alors qu’un programme informatique restera incapable de saisir la dynamique des systèmes économiques ou boursiers, l’analyste technique a les moyens d’anticiper sur ce qui est probable ou fortement probable à court terme.

En conclusion sur ce point, il faut retenir que par essence l’environnement est chaotique. Cela signifie que tenter de prévoir de longues chaînes d’évènements, de faire des anticipations quantitatives à long terme ou chercher à calculer avec précision la valeur réelle d’une société (par la méthode d’actualisation des cash flows futurs par exemple) relève probablement de l’utopie.

2. Le marché est irrationnel

L’investissement en bourse est le fait d’individus. Comme dans toute activité humaine, la psychologie  y prend une place importante sinon prépondérante. Seule l’analyse technique permet de prendre en compte cette dimension psychologique et par voie de conséquence irrationnelle des marchés.
Des études basées sur le comportement mimétique des intervenants montrent en effet que les marchés oscillent entre des périodes d’efficience et des périodes d’inefficience (bulles spéculatives, krachs…). Comment ces phénomènes apparaissent-ils ? La réponse est à chercher du côté de l’imitation (mimétisme) et de la spéculation. L’analyse technique comportementale se propose d’étudier ces phénomènes :

Il s’agit de l’étude du comportement de l’investisseur pris entre l’offre et la demande (avec tout ce que cela implique de manipulations), l’étude de ses choix entre risque et rendement, de ses calculs et de ses impulsions, de son désir et de sa peur, de son comportement moutonnier.
Une étude expérimentale tend à montrer que les investisseurs réagissent non pas selon une approche objective mais en surévaluant les dernières nouvelles aux détriment des autres. ainsi, c’est dans les queues de mouvement, où se manifeste souvent l’exubérance irrationnelle des opérateurs, que les réactions sont les plus excessives aux nouvelles. Chacun agissant en fonction de ce qu’il croit que les autres vont faire, un équilibre peut émerger uniquement parce que chacun croit qu’il va émerger. C’est ce que l’on appelle une prophétie auto-réalisatrice. Pour Keynes, l’équilibre financier est produit par la croyance des agents. Chacun agit en fonction de ce qu’il croit être le choix majoritaire du marché. Un brutal changement d’équilibre peut intervenir sur une modification de ces anticipations.