« Le Krach Programmé » de Olivier De Duclas (2003)

En 2003, alors que la Bourse prenait son élan depuis les plus bas de 2002, j’avais acheté un bouquin au titre choc « Le Krach Programmé » de Olivier De Duclas. J’avais lu cet essai avec grand intérêt. Les prédictions d’Olivier De Duclas se révélaient fausses au fur et à mesure que la Bourse montait vers les sommets que l’on connait.

A l’époque (2003), comme bouquin alarmiste , on ne faisait pas mieux. D’après Olivier De Duclas, le krach n’était pas derrière nous, mais devant avec une chute du CAC40 jusqu’à 1780 points soit un retour au niveau d’il y a trente ans!  Alors que la Bourse venait à peine de sortir d’une chute considérable.

Son argument repose sur une théorie d’enchainement de cycles haussiers suivis de cycles baissiers (Kondratieff et Elliot Waves) causés par une perte de confiance dans un marché où tout repose sur la dette et le déficit. Deux exemples viennent étayer son propos: le Japon avec 13 ans de récession et ce n’est pas fini et surtout l’Argentine, pays anciennement prospère et basculant d’un coup, suite à des erreurs économiques dans un krach et une misère énorme.

De Ducla ne donne en fait qu’un conseil: éviter la Bourse, l’or, l’immobilier etc… Ne garder que le cash pour faire le dos rond en attendant que cela aille mieux. Et surtout, bien choisir sa Banque. Il annonce en effet des faillites en cascade dans les milieux financiers; mais aussi l’explosion de la bulle immobilière.

Les causes du krach sont celles que l’on connait maintenant; 25 ans d’erreurs avec notamment « l‘entreprise aux mains des financiers » et « l’ère de la prospérité pour tous et de la déresponsabilisation« 

En voilà un à qui l’on souhaitait de se tromper… De 2003 à 2008, Olivier De Duclas et son mentor, Robert Prechter ont été enterré; leurs bouquins au mieux rangés au fond d’une armoire. Aujourd’hui on dépoussière, on ressort et on re-lit…. attentivement!

Bien sûr, le timing proposé par Olivier De Duclas s’est avéré faux. Le fond est bon, pas la forme. Il pense, sans doute à tort que tout est prévisible (Elliot Waves). Si les évènements sont sans doute prévisibles, le timing est sans aucun doute beaucoup plus difficile à appréhender.

Je pense que Olivier De Duclas a trop voulu modéliser son scénario en s’enfermant dans une seule logique. Il a bien vu les symptômes et les maux mais il a voulu prévoir les évènements avec un timing précis.

Olivier De Duclas ne semble plus actif mais je lui tire tout de même mon chapeau!

Crise Financière: Ils nous avaient prévenu!!!!

A l’heure de la psychose (et donc peut-être du rebond!), je me suis penché sur les « gourous » de la Finance; ceux qui avaient anticipé la crise et son ampleur; certains depuis des années mais avec un mauvais timing. Qui sont ces gourous et quel crédit (ahhh le mot affreux!) peut-on leur accorder?

Un gourou a forcément une connotation péjorative… « Un gourou désigne communément en Occident un maître à penser, ou plus généralement une personne qui réunit des adeptes. » Les adeptes sont là: dans le milieu financier, on appelle ça plutôt les moutons de panurge. Ces « maître à penser » prêchent la bonne parole depuis des années; et pourtant personne n’a rien vu venir.

Qui sont ces « Gourous » de la Finance?

Il faut savoir qu’il beaucoup de gourous, particulièrement aux USA. On pourra citer pelle-mêle: Robert Prechter, Warren Buffet, Georges Soros ou encore du très médiatique et excité Jim Cramer. Il y a quelques jours, je découvrais aussi Nouriel Roubini qui a annoncé sa prophétie dès 2006.

Nouriel Roubini va même plus loin aujourd’hui en annonçant une fermeture prochaine des Bourses jusqu’à deux semaines, face aux ventes paniques des hedge funds.

Le problème est qu’il est très difficile de faire la part des choses dans ces concerts de prophéties et analyses. Le site « Advisory Group » tente même de faire un classement des performances des « gourous ». Certains sont chaudement habillés pour l’hiver!

Arrêtons nous aussi un instant sur le cas du gourou Robert Prechter, connu du « milieu » depuis des années, voire des décennies. En Novembre 2007, sur ce blog, je postais un article relatant les déboires de ce gourou qui pourtant, quelques années auparavant, était encensé par tout le monde. Il faut dire aussi qu’il avait eu le très mauvais goût d’être baissier pendant les années 2003-2007. Sa vision à long terme ne faisait plus recette, forcément. Pourtant, il y a 9 mois, il annonçait lui aussi le krach actuel…

Dans un autre registre, Ian Gordon (adepte des cycles de Kondratieff) annonçait fin 2007 la chute à venir des marchés, avec un scénario apocalyptique. Mieux encore, en Juillet 2002 (!!!), il annonçait l’hiver glacial selon les cycles de Kondratieff. Vous pouvez lire l’intégrale de l’interview de 2002 ici.

Tout cela était donc semble-t-il prévisible et… attendu; un certain nombres de « gourous » financiers semblent avoir raison. Cela va bien tendu à l’encontre du fait que les marchés soient considérés comme « irrationnel ». Ce terme revient souvent pour parler de la chute actuelle et brutale des marchés financiers. Et pourtant…

Quel Crédit accorder à ces « Gourous » de la Finance?

A l’exemple de Robert Prechter, on encense aussi vite que l’on brule. Il est fort à parier que Robert Prechter remontera très prochainement dans le classement du site « Advisory Group ». Il y a énormément de publications et il est très difficile de faire la part des choses, à moins de tout lire. Je pense qu’il est intéressant de garder les yeux grand ouverts et de na pas s’enfermer dans une seule logique. Ramené à notre petite échelle, ce n’est pas parce qu’on a acheté une action qu’il faut s’enfermer dans la seule perspective qu’elle va monter. Pour les gourous, c’est pareil. Les adeptes ont tendance à suivre aveuglement des analystes, des journaux financiers – qui disent tout et son contraire – sans prendre le temps de garder la tête froide et les yeux grand ouverts.

Quelles Prédictions pour demain?

Si on fait un rapide tout d’horizon des avis et conseils, on pourra trouver de tout. Nouriel Roubini continue à être particulièrement pessimiste pour la suite. Pour Ian Gordon, l’hiver des cycles de Kondratieff ne fait que commencer. D’autres voit déjà un plancher se former avec un rebond à suivre… A ce jour cependant, personne à ma connaissance n’ose repasser « haussier » sur les marchés financiers.

A titre personnel, tout cela m’intéresse mais je me contente de suivre la tendance, pas de l’anticiper.

Les Baissiers Sortent de leur Tanière

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Alors que les marchés financiers tremblent depuis quelques semaines, les baissiers (bearishs), plutôt silencieux depuis 2003-2004, commencent à sortir de leur retraite forcée. Ci-dessous un article d’un auteur plutôt inquiet de la situation avec de sombres perspectives. A la fois attentif aux cycles de Kondratieff mais aussi très critique vis à vis des performances de Robert Prechter. En le lisant on peut certes y trouver de nombreux sujets d’inquiétudes. Mais ces inquiétudes sont récurrentes depuis des années. Et vouloir prédire l’avenir alors que les marchés sont irrationnels me parait très dangereux. Je remarque au passage que les analystes type « baissiers » ont très souvent des scénarios catastrophes, type fin du monde. Alors qu’aucun auteur « haussier » ne voit les arbres monter jusqu’au ciel. J’observe tout cela avec intérêt, amusement, mais aussi en prenant soin de ne pas m’enfermer dans une seule logique. Il ne s’agit pas pour moi de faire des prédictions, mais de suivre la tendance.

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Cycles of History, Boom and Bust

by J. R. Nyquist

Weekly Column Published: 11.09.2007

Many things are cyclical. That is to say, they occur again and again like clockwork, on the striking of an hour or the passage of a certain day. Winter recurs annually. The menstrual cycle corresponds to the phases of the moon. The life cycle of every living creature involves birth, growth, maturity, old age and death. On average, dogs live so many years and human beings live so many more. The cyclical course of nature itself is inescapable. Our clocks are based on the continuous motion of the earth as it rotates. Our calendars and seasons are based on the path of the earth around the sun. No wonder, then, it has been the tendency of political philosophy to describe politics and economics as cyclical, according to given seasons. The ancients saw a cycle of political revolutions emerging from the simple forms of the state. The moderns see a certain correspondence between the rise and fall of Rome and the rise and fall of America or “the West.” There is, as we all know, something called the “business cycle.”

It has been claimed that history itself is cyclical. The German writer Oswald Spengler claimed that each civilization passes through definite stages. Such theories are not viewed today as scientific. Social phenomena are considered too complex for such analogies to be useful. But as there are small cycles, there must be larger cycles. How could there not be? Brilliant men and scholars have believed in regular economic “supercycles.” Joseph Schumpeter suggested the correctness of Kondratiev wave phenomenon (or “grand supercycles”) in which a disastrous economic downturn would follow every 50 to 60 years.

As noted above, such theories are not “scientific,” but rely on the fact that all phenomena appear to follow a cyclical pattern – whether regular or irregular.

Not adhering to the Kondratieff pattern, the United States did not suffer a second Great Depression in the 1980s. But still, there were those who believed the 1990s would see an economic downturn according to the Elliott Wave Principle. It was Robert Prechter, Jr. who believed in a wave pattern similar to that described by Nikolai Kondratiev. Curious as it may seem, Prechter was not an economist but a psychologist. He has repeatedly stated that mass psychology is the key to economics.

While the Elliott Wave Principle is far from scientific, and anyone adhering to Prechter’s market predictions would have had a 15-year annualized return of negative 25.4 percent (according to the Hulbert Financial Digest), Prechter’s dark predictions of impending economic catastrophe possesses metaphorical elegance. As gold approaches $900 an ounce and oil approaches $100 a barrel, we are reminded that grand economic supercycles are very possible indeed.

In 1995 Prechter predicted the coming of a debt-credit contraction. On page 278 of his book, At the Crest of the Tidal Wave, he wrote: “If there is one fundamental event that will result from a major bear market in social mood, it is the collapse in the bloated debt structure, a devastating event that not one citizen in ten thousand knows is coming. All this debt will have to be liquidated, and the process is unlikely to be serene.”

According to Prechter, the bursting of the credit bubble and the liquidation of debt would lead directly to deflation. “In the deflation of the 1930s,” noted Prechter, “stocks, real estate and commodities fell 90% in value, and questionable bonds fell 20% to 50%. Many stocks went to zero, and the companies were never heard from again.” The motor for the downward “spiral” of the economy, says Prechter, will be psychological. It will involve a shift from mass optimism to mass pessimism. “Booms last longer,” wrote Prechter, “because optimism is fed by slowly rising emotions involving hope and greed,which, because they are tempered by caution, can reach maximum intensity only over a long period….” Economic busts, however, can be sudden and fast-paced because “pessimism is fed by fast-flaming emotions such as fear and anger, which can be realized in a flash of destructive action.”

According to Prechter, the final bust experienced by modern capitalism will the greatest of all. Prechter quotes the late A. Hamilton Bolton, who wrote: “In reading a history of major depressions in the U.S. from 1830 on, I was impressed with the following: (a) All were set off by deflation of excess credit. This was the factor in common.” This observation puts things into perspective, as the United States has witnessed the greatest credit inflation in history and must now experience a corresponding credit deflation. As Prechter noted, “Major deflations are … extremely destructive, and the next one should be no exception. That we are in the midst (and apparently near the end) of the greatest debt buildup in world history suggests that the resulting deflation and depression will be correspondingly severe.” According to Prechter, it will be the greatest depression in over two centuries.

Even if Elliott Wave Theory is mistaken and unscientific, the cycle of boom and bust is real enough. It is not pessimistic to say that the United States will eventually experience another Great Depression. It is realistic to make such a statement. But are we currently approaching the decisive psychological turning-point between optimism and pessimism? If it doesn’t come at the end of 2007 it will come, nonetheless, in 2008 or 2009. The world economy cannot expand indefinitely. There will be another Great Depression. And this revelation has military-political significance for Americans. It has national-survival significance.

When the economic situation changes, when peak oil has its say, when the Middle East crisis cannot be solved, when American politics reduces to a sharp ideological division, when the real estate bubble continues to burst, what will happen? What will the Russians and Chinese do? For thousands of years the world was about war and dominance, the power of oligarchies and the exploitation of peasants. Does anyone believe that the world cannot revert back? Does anyone think that the fall of modern capitalism will result in any other outcome?

Well, of course, we are yet surrounded by militant optimists who insist that realism is pessimism. All the same, life and history follow certain cycles. This much is undeniable.

Robert Prechter démonté par Advisory Group

Advisory Group s’est amusé à analyser la performance des déclarations du gourou financier Robert Prechter, traditionnellement baissier. Il a eu son heure de gloire pendant la baisse 2000-2003. Mais depuis, il est plutôt à contre-sens et donc jeté en pâture aux critiques les plus acerbes. On voit qu’il est très difficile de rester enfermé dans une seule logique. L’avenir lui donnera sans doute encore raison (après la montée, il y a forcément une descente!!!) mais de là à faire des prévisions cataclysmiques sur les marchés financiers…

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Robert Prechter: 100-Year Bear? (Last Updated 8/14/07)

We evaluate here the stock market forecasts of Robert Prechter, mostly since April 2002. Evaluated predictions come indirectly via MarketWatch columns, which have tracked his commentary only occasionally in recent years. Robert Prechter is president of Elliott Wave International and has since 1979 been publishing the Elliott Wave Theorist. He is the author of multiple books related to the Elliott wave principle. The table below presents highlights from his commentary and shows the performance of the S&P 500 index over the 21, 63, 126 and 254 trading days after the publication date for each item. Red plus (minus) signs to the right of specific items indicate those that the market has subsequently proven right (wrong). We conclude that:

  • As indicated by the name of his company and his newsletter, Robert Prechter relies essentially on Elliott wave analysis to forecast stock market behavior.

  • He has been very negative on stocks for the entire sample period, generally taking a very long-term view.

  • Based on our judgment, Robert Prechter’s accuracy rate is about 29%, which is very poor. However, especially because of his very long forecasting horizon, the sample is much too small for reliable inference.

  • In fact, Mr. Prechter’s reported forecasting horizon is so long that testing multiple independent forecasts within his or any evaluator’s lifetime is problematic.

Here are additional notes to augment the tabular summary:

From Peter Brimelow in MarketWatch (4/26/02): « Exactly how much Elliot Wave forecast fans lost depends on whether they actually went short the market when Prechter turned bearish. In that case, they are in a deep hole: down 99.2 percent over the last 15 years. In contrast, the stock market yielded a 398.6 percent dividend-reinvested gain. But if Prechter’s followers merely went into cash in the wake of Prechter’s bearishness, they would have gained 135.2 percent over those same 15 years. »

From Peter Brimelow in MarketWatch (6/30/03): « Prechter has been out of the stock market since before — note carefully, before — the 1987 Crash. Naturally, this has hurt but has also served him well in the bear market of the past three years. Indeed, because of that high cash component, Prechter has recently been ahead of the Wilshire 5000 on a risk-adjusted basis over the 23 years that the HFD has been following him. »

From Peter Brimelow in MarketWatch (1/12/04): « …by Hulbert Financial Digest count, the stock market timing of Elliot Wave Financial Forecast (which HFD treats as the successor to Elliott Wave Theorist after the latter stopped giving portfolio advice) has outperformed the Wilshire 5000 on a risk-adjusted basis over the entire period since July 1980. Over the past five years, it gained 3.5 percent on average annually, vs. 1.8 percent for the Wilshire 5000. This, however, was the Prechter people’s investors portfolio, which switches between the stock market and cash. The traders portfolio actually goes short, with the result that it has an annualized loss of close to 20 percent since 1985, when buying and holding produced an annualized gain of more than 12 percent. »

From Peter Brimelow in MarketWatch (10/20/05): « …the EWFF’s [Elliot Wave Financial Forecast] trader’s portfolio has endured a staggering annualized loss of 18.1% over the 20 years through September. (EWFF split off in 1999 from Prechter’s Elliott Wave Theorist, which no longer offers specific portfolio advice. But the two seem to work in tandem.) EWFF’s advice for investors, however, currently matches the dividend-reinvested Dow Jones Wilshire 5000 on a risk-adjusted basis and has quite often exceeded it. »

In their October 2003 paper entitled « Idealized Elliott Waves and Random Walk Tests », Robert Prechter and Deepak Goel find that stock market movements are more like idealized Elliott waves than random fluctuations. However, the paper does not address whether these test results support any systematic stock market timing approach.

In summary, Robert Prechter has not been successful in applying the Elliott wave principle to time the U.S. stock market in recent years.