Bourse: Attendre un bottom CONFIRMÉ pour rentrer

Le 23 Octobre dernier, je me posais la question de savoir si c’était le bon moment pour de nouveau acheter des actions. Ma réponse était NON et cela reste valable aujourd’hui et ce malgré les quelques jours de rebond. Je vais tenter d’expliquer, de façon un peu plus technique les raisons qui me poussent à attendre.

Tout d’abord, je tiens à répéter que cette logique est valable uniquement dans une optique de placement à moyen et long terme. Ceux qui font du trading court terme ne sont pas concernés.

Le rebond observé ces derniers jours en a sans doute tenté plus d’uns. Une partie de spéculateurs à court terme qui ont le temps de suivre ça de près et sans doute une partie d’investisseurs (moyen et long terme) qui seront rentrés trop tôt et prennent le risque de se faire plumer une nouvelle fois.

Un rebond doit être impérativement confirmé. Techniquement c’est assez simple à suivre…

Comparaison (technique) 1929-2008

Comparaison purement technique, hors contexte (cliquez sur l’image pour la voir en plein écran)

Le Krach de 1929 est célèbre pour son fameux mois d’octobre. Mais la baisse s’est poursuivi jusqu’en 1933; l’indice Dow Jones passant de 250 à 50 en près de 4 ans! En 2008, nous venons semble-t-il de terminer un cycle de baisse avec un plus bas en clôture le 27 Octobre 2008. Depuis, un rebond semble prendre forme. Tout comme un rebond avait eu lieu après le plus bas du 29 Octobre 1929.

A ce stade, personne n’est en mesure de dire si c’est un vrai bottom ou un simple rebond technique. En conséquence, il ne me parait pas raisonnable de rentrer sur le marché.

Exemple du SP500

A l’aide de l’indice SP500, je vais détailler comment je détermine un point d’entrée (et de sortie). Je prends des graphs en unité de temps « monthly ». J’utilise – entre autres – la moyenne mobile 200 jours. Ci-dessous un graph long terme du SP500 entre 1990 et 2008

1ère condition nécessaire mais non suffisante: La moyenne mobile 200 jours (MM200)

C’est un très bon support dans une tendance haussière et une très bonne résistance dans une tendance baissière. Elle ne fonctionne pas avec tous les indices et toutes les valeurs. Le SP500 étant large et représentatif, il me parait toujours utile de le garder sous le coude. Acheter une valeur doit toujours se faire en regardant le contexte du secteur et plus globalement du marché.

A chaque fois que l’indice croise la MM200 à la hausse, cela constitue un signal d’achat. Inversement à chaque fois que l’indice croise la MM200 à la baisse, cela constitue un signal de vente.

A noter…

Sur le graph j’indique un support oblique long terme (en bleu). J’attache très peu d’importance aux supports obliques. Il se trouve juste que la clôture du mois d’Octobre se trouve sur ce support. Je n’en tire aucune conclusion particulière.

2ème condition nécessaire mais non suffisante: la confirmation du bottom

A l’aide du graph du SP500 en monthly, sur la période 2000-2003., nous verrons qu’un bottom est toujours confirmé (nouveau test de plus bas) et que le point d’entrée le moins risqué se situe après cette confirmation.

Un point de sortie clair était indiqué fin 2000. De fin 2000 à 2002, il y a eu 3 grandes vagues de baisses. Les plus bas de chaque baisse sont notés (1), (2) et (3). Après chaque vague baissière, un rebond. Dans les 2 premiers cas, après le rebond l’indice est reparti plus bas. En (1), certains voulaient sans doute y voir un bottom… Or nous étions loin du compte. Il fallait attendre, sagement que le rebond (3) soit confirmé par: un croisement à la hausse de la MM200 + un nouveau plus haut validé après le rebond.

Les Degrés de Risque

Sur ce graph, j’ai indiqué 3 couleurs qui correspondent au degré de risque.

En rouge, la zone de risque « très élevé ». Après le bottoms (1), (2) ou (3), les spéculateurs et ceux qui font des aller/retour à court terme sont à la fête; c’est un premier point d’entrée que je ne recommande pas dans l’optique d’un placement moyen/long terme. Cette zone à très fort risque nécessite un suivi de tous les instants et une bonne resistance au stress

En orange, la zone de risque « élevé ». Après le bottom et le rebond, le plus bas sont à nouveau testés. C’est à ce moment là qu’un nouveau point d’entrée peut être considéré. Situé en dessous de la MM200, il doit être suivi attentivement.

En vert, la zone de risque « faible ». Après le franchissement à la hausse de la MM200. C’est a mon avis le meilleur point d’entrée, qui optimise autant que le possible le risque.

En 2008, nous venons juste de former un bottom, mais nous sommes encore loin de savoir si le 24 Octobre était une simple pause ou une capitulation. Le contexte est par ailleurs beaucoup plus lourd avec une véritable faillite d’un système. Je rappelle que mes graphs sont en monthly; donc je ne suis pas à quelques jours ou semaines près et le rebond de ces quelques jours me laisse de marbre.

La Bourse ce n’est pas la casino et un minimum de discipline et de contrôle de soi s’imposent. La méthode décrite ci-dessus n’est en aucun la méthode qui vous fera gagner en Bourse. Ce n’est qu’un élément technique dans un ensemble de paramètres d’une chaine de décision complexe. Dans tous les cas, je n’achète pas dans les phases baissières; moyenner à la baisse est une grosse erreur.

Elle pourrait juste illustrer l’adage « Ne pas confondre vitesse et précipitation ». Ce sont juste des paramètres que j’utilise et que je partage avec vous. C’est en partie avec cette méthodologie que je suis passé baissier en Janvier 2008. J’avais posté une analyse avec cette éventualité en Novembre 2007.

Pour aller plus loin…

Un peu plus technique mais simple, les phases de Weinstein sont pleines de bon sens.

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Crise Financière: Est-ce le Moment d’Acheter?

crise financiereLa grande question du moment, pour ceux qui ne sont pas [encore] ruinés et qui ont du cash. Ma réponse est claire et sans appel: NON, ce n’est pas encore le moment d’acheter et de rentrer sur les marchés.

Pour quelles raisons?

En préambule, je rappelle que je ne me place pas dans une optique de trading en intraday ou à court terme. La très grande volatilité actuelle (voir indicateur VIX) offre de belles opportunités d’aller/retour pour les plus téméraires. Mais je ne m’intéresse pas à cette partie. Mon analyse porte sur un investissement à moyen/long terme.

La tentation de se « refaire »…

Je comprends que l’on puisse être « tenté ». « Ça a tellement baissé », « ça ne va pas aller plus bas » etc… Et pourtant, il faut lutter contre cette pulsion. On a déjà eu ce genre de phénomène. Entre 2000 et 2003 notamment. Pour exemple, Alcatel qui cotait EUR 95 au plus haut. Une fois la baisse enclenchée, il y a avait toujours des gros « malins » qui pensaient faire une bonne affaire en achetant à EUR 30 (« ça n’ira pas plus bas »). Puis à EUR 20, puis à EUR 10, EUR 5 etc… 

… Au détriment de toute logique

Je ne comprends pas la logique de ceux qui veulent à tout prix se replacer maintenant en essayant d’anticiper un bottom… Vouloir anticiper un bottom est une grosse erreur. Ce qui est dans un premier temps un coup de dé (« allez je rentre! ») se transforme à coup sûr en « bon, je vais moyenner à la baisse », voire « pas grave, c’est un placement à long terme »… lol.

Identifier un bottom se fait toujours à postériori; jamais avant. Un bottom est toujours re-testé et confirmé. Attendre la confirmation pour se positionner = ne pas confondre vitesse et précipitation. Ensuite, un bottom se fera avec des volumes. Or, pour le moment, les seuls volumes conséquents sont à la baisse.

Ma stratégie est simple… Attendre et accumuler du cash. Cette forte baisse des marchés offrira des opportunités au moins aussi fortes. Mais pour ça il faut savoir être patient, attendre et surtout ne pas utiliser et gaspiller son cash.

Quand? Je ne sais pas, je ne prédis pas l’avenir, je ne suis pas devin, je ne lis pas dans les cartes ni dans le marc de café. Je me contente de suivre la tendance. En cas de retournement, on aura largement le temps de rentrer.

Et seuls ceux qui auront encore du cash pourront bénéficier pleinement d’un retournement. Pas ceux qui auront asséché leur cash en moyennant à la baisse plusieurs mois auparavant et qui se retrouveront avec des prix de revient ridicules.

Il y aura des opportunités. Il faut juste savoir être patient. La pyschologie de l’investisseur est particulièrement importante, surtout en ces temps où les émotions sont exacerbées.

Les Baissiers Sortent de leur Tanière

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Alors que les marchés financiers tremblent depuis quelques semaines, les baissiers (bearishs), plutôt silencieux depuis 2003-2004, commencent à sortir de leur retraite forcée. Ci-dessous un article d’un auteur plutôt inquiet de la situation avec de sombres perspectives. A la fois attentif aux cycles de Kondratieff mais aussi très critique vis à vis des performances de Robert Prechter. En le lisant on peut certes y trouver de nombreux sujets d’inquiétudes. Mais ces inquiétudes sont récurrentes depuis des années. Et vouloir prédire l’avenir alors que les marchés sont irrationnels me parait très dangereux. Je remarque au passage que les analystes type « baissiers » ont très souvent des scénarios catastrophes, type fin du monde. Alors qu’aucun auteur « haussier » ne voit les arbres monter jusqu’au ciel. J’observe tout cela avec intérêt, amusement, mais aussi en prenant soin de ne pas m’enfermer dans une seule logique. Il ne s’agit pas pour moi de faire des prédictions, mais de suivre la tendance.

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Cycles of History, Boom and Bust

by J. R. Nyquist

Weekly Column Published: 11.09.2007

Many things are cyclical. That is to say, they occur again and again like clockwork, on the striking of an hour or the passage of a certain day. Winter recurs annually. The menstrual cycle corresponds to the phases of the moon. The life cycle of every living creature involves birth, growth, maturity, old age and death. On average, dogs live so many years and human beings live so many more. The cyclical course of nature itself is inescapable. Our clocks are based on the continuous motion of the earth as it rotates. Our calendars and seasons are based on the path of the earth around the sun. No wonder, then, it has been the tendency of political philosophy to describe politics and economics as cyclical, according to given seasons. The ancients saw a cycle of political revolutions emerging from the simple forms of the state. The moderns see a certain correspondence between the rise and fall of Rome and the rise and fall of America or “the West.” There is, as we all know, something called the “business cycle.”

It has been claimed that history itself is cyclical. The German writer Oswald Spengler claimed that each civilization passes through definite stages. Such theories are not viewed today as scientific. Social phenomena are considered too complex for such analogies to be useful. But as there are small cycles, there must be larger cycles. How could there not be? Brilliant men and scholars have believed in regular economic “supercycles.” Joseph Schumpeter suggested the correctness of Kondratiev wave phenomenon (or “grand supercycles”) in which a disastrous economic downturn would follow every 50 to 60 years.

As noted above, such theories are not “scientific,” but rely on the fact that all phenomena appear to follow a cyclical pattern – whether regular or irregular.

Not adhering to the Kondratieff pattern, the United States did not suffer a second Great Depression in the 1980s. But still, there were those who believed the 1990s would see an economic downturn according to the Elliott Wave Principle. It was Robert Prechter, Jr. who believed in a wave pattern similar to that described by Nikolai Kondratiev. Curious as it may seem, Prechter was not an economist but a psychologist. He has repeatedly stated that mass psychology is the key to economics.

While the Elliott Wave Principle is far from scientific, and anyone adhering to Prechter’s market predictions would have had a 15-year annualized return of negative 25.4 percent (according to the Hulbert Financial Digest), Prechter’s dark predictions of impending economic catastrophe possesses metaphorical elegance. As gold approaches $900 an ounce and oil approaches $100 a barrel, we are reminded that grand economic supercycles are very possible indeed.

In 1995 Prechter predicted the coming of a debt-credit contraction. On page 278 of his book, At the Crest of the Tidal Wave, he wrote: “If there is one fundamental event that will result from a major bear market in social mood, it is the collapse in the bloated debt structure, a devastating event that not one citizen in ten thousand knows is coming. All this debt will have to be liquidated, and the process is unlikely to be serene.”

According to Prechter, the bursting of the credit bubble and the liquidation of debt would lead directly to deflation. “In the deflation of the 1930s,” noted Prechter, “stocks, real estate and commodities fell 90% in value, and questionable bonds fell 20% to 50%. Many stocks went to zero, and the companies were never heard from again.” The motor for the downward “spiral” of the economy, says Prechter, will be psychological. It will involve a shift from mass optimism to mass pessimism. “Booms last longer,” wrote Prechter, “because optimism is fed by slowly rising emotions involving hope and greed,which, because they are tempered by caution, can reach maximum intensity only over a long period….” Economic busts, however, can be sudden and fast-paced because “pessimism is fed by fast-flaming emotions such as fear and anger, which can be realized in a flash of destructive action.”

According to Prechter, the final bust experienced by modern capitalism will the greatest of all. Prechter quotes the late A. Hamilton Bolton, who wrote: “In reading a history of major depressions in the U.S. from 1830 on, I was impressed with the following: (a) All were set off by deflation of excess credit. This was the factor in common.” This observation puts things into perspective, as the United States has witnessed the greatest credit inflation in history and must now experience a corresponding credit deflation. As Prechter noted, “Major deflations are … extremely destructive, and the next one should be no exception. That we are in the midst (and apparently near the end) of the greatest debt buildup in world history suggests that the resulting deflation and depression will be correspondingly severe.” According to Prechter, it will be the greatest depression in over two centuries.

Even if Elliott Wave Theory is mistaken and unscientific, the cycle of boom and bust is real enough. It is not pessimistic to say that the United States will eventually experience another Great Depression. It is realistic to make such a statement. But are we currently approaching the decisive psychological turning-point between optimism and pessimism? If it doesn’t come at the end of 2007 it will come, nonetheless, in 2008 or 2009. The world economy cannot expand indefinitely. There will be another Great Depression. And this revelation has military-political significance for Americans. It has national-survival significance.

When the economic situation changes, when peak oil has its say, when the Middle East crisis cannot be solved, when American politics reduces to a sharp ideological division, when the real estate bubble continues to burst, what will happen? What will the Russians and Chinese do? For thousands of years the world was about war and dominance, the power of oligarchies and the exploitation of peasants. Does anyone believe that the world cannot revert back? Does anyone think that the fall of modern capitalism will result in any other outcome?

Well, of course, we are yet surrounded by militant optimists who insist that realism is pessimism. All the same, life and history follow certain cycles. This much is undeniable.